Charlie Ward, NFL ou NBA? La carrière incroyable de l’athlète ultime
Meilleur joueur de football universitaire du pays en 1993, consacré par le mythique trophée Heisman, Charlie Ward ne jouera pourtant jamais en NFL. Il a tout simplement décider de faire carrière en NBA. Un cas unique dans l’histoire pour l’un des athlètes les plus incroyables du sport américain.
L’ exception : ce qui est en dehors de la norme, du commun
Si Charlie Ward n’est pas le premier sportif américain à montrer des capacités dans plusieurs disciplines, au point d’envisager une carrière professionnelle (pour rester sur le basket, on pense en premier lieu à Danny Ainge, qui jouera au baseball pour les Blue Jays de Toronto avant sa carrière NBA), il est le premier à avoir pu sérieusement envisager deux carrières pro, à la fois au football et au basket.
Jusqu’à l’adolescence, Charlie joue (et excelle) au basket, au football, au base-ball et au tennis. Il pratique également un peu la natation. Doué dans les trois sports US majeurs, il n’a pas de préférence. Son père, enseignant, lui-même passionné de sport, est investi dans la vie communale: entraîneur des équipes de jeunes au football, il donne également des cours au club de golf local. Sa mère, bibliothécaire, est aussi une figure de Thomasville, petite ville de moins de 20 000 âmes, en Géorgie.
Ward lors d’un match NCAA contre les Clemson Tigers en septembre 93, victoire 57-0. Crédit : Scott Halleran / Getty Images
Quarterback et punter vedette de son lycée de Thomas County Central, Charlie est sollicité par bon nombre d’université pour la suite de son cursus, pour la rentrée 1989. Il se permet le luxe de poser une condition : jouer sur les deux tableaux, football et basket-ball. Georgia et Georgia Tech hésitent, mais refusent. Florida State accepte volontiers le deal. Sous les ordres de Pat Kennedy, Charlie sera donc le meneur à temps partiel d’une équipe composée de trois joueurs qui seront bien connus de la grande Ligue : Sam Cassell, Bob Sura et Doug Edwards. L’adaptation et surtout l’enchaînement des deux sports reste difficile malgré les talents innés de Ward pour les deux disciplines.
Au football, vous pouvez courir 400 mètres après l’entraînement, alors qu’au basket, vous courez constamment d’un bout à l’autre du terrain. La condition physique du football n’a rien à voir avec celle du basket
En 1993, pour sa dernière année universitaire il devient la star du campus. A 22 ans, il est le quarterback titulaire de FSU. Son colocataire Warrick Dunn, futur running back des Tampa Bay Buccaneers, ira même jusqu’à mettre une affiche sur la porte de la chambre Charlie ain’t here tant les demandes de photos et autographes des étudiants du campus devenaient encombrantes. Élevé dans la religion catholique, Charlie est très pratiquant, sans être prosélyte. La Bible en livre de chevet, il n’écoute que du gospel, évite l’alcool, se donne à fond dans les cours, et se préserve pour le mariage. La grenouille de bénitier plutôt que le golden boy du campus en somme, ce qui lui donnera l’avantage de pouvoir tenir le rythme infernal football / basket / école.
Pour l’anecdote, en 1992, il assiste en spectateur à un Heat / Bulls, en marge d’un match universitaire à venir face aux rivaux de Miami. Repéré dans les rangs par Michael Jordanhimself, il se retrouve invité dans les vestiaires, Jordan suivant sa carrière de près et se revendiquant même d’être l’un de ses fans, voulait échanger quelques mots avec le jeune quarterback.
L’effectif 1992 de Florida State, avec Charlie Ward #17, Bob Sura #3, Sam Cassell #10 et Doug Edwards #32. Crédit : FSU
En point d’orgue de sa carrière universitaire footballistique, le titre de champion NCAA 1993, gagné contre Nebraska en finale 18 à 16, après une saison régulière à 12 victoires en 13 matchs. Côté basket, il fera la finale régionale cette même saison, perdue face aux Kentucky Wildcats de Rick Pitino, qui eux atteindront le Final Four. Avec un total de 238 interceptions en carrière, il reste à ce jour le meilleur intercepteur de FSU, et également détenteur du record d’interception sur un match (9).
Pour Pat Kennedy, Ward est un cas unique :
Je ne dis pas cela pour dénigrer les autres joueurs. J’ai eu vingt-cinq joueurs ayant atteint la NBA et cinquante pros à l’étranger… Mais Charlie était la meilleure personne et le meilleur étudiant / athlète que j’ai jamais eu l’honneur d’entraîner.
Vainqueur du mythique Trophée Heisman
Le trophée Heisman de Charlie Ward est exposé dans la salle des enfants de la bibliothèque publique de sa ville natale. Crédit : Harry Lyles Jr. pour ESPN
Sans surprise, à la fin de la saison 1993, Ward est élu meilleur joueur de football du pays, une première pour un joueur de Florida State. Charlie reçoit 91 % des votes pour la première place du Heisman Trophy, la plus grande marge de victoire dans l’histoire du trophée, à l’époque. Ce trophée, il ne l’a pas gardé : il se trouve dans la salle de lecture pour enfants de la bibliothèque publique de sa ville natale de Thomasville, en Géorgie. Dans une vitrine d’un mètre cinquante de haut, comprenant le trophée, une photo encadrée de lui tenant le trophée, son maillot #17 de Florida State et, plus difficile à voir, une trading card des Knicks. À côté de ce cadre se trouve une citation de Ward sur un morceau de papier collé au mur. One way to get a quality education is to read what you don’t want and do what you’d rather not. On peut également lire un Speak Quietly Please, posé sur la vitrine.
Aux dires de son entourage, Jeff Van Gundy, son entraîneur à New York, Bobby Bowden et Mark Richt, ses entraîneurs de football universitaire, Pat Kennedy, son entraîneur de basket universitaire, ou n’importe lequel de ses coéquipiers, amis ou membres de sa famille, le mot numéro un qu’ils emploient pour décrire Charlie est calme. Tout cela colle parfaitement au personnage :
Lorsque j’ai reçu le trophée, j’ai d’abord pensé à l’offrir à mes parents. Mais tout le monde les connaît et je ne voulais pas que des gens se présentent à leur porte à toute heure pour le regarder. Je ne voulais pas non plus que quelqu’un essaie d’entrer par effraction pour le prendre, alors je voulais un lieu public sécurisé, où tout le monde pourrait le regarder. Si l’on ajoute à cela le fait que ma mère était bibliothécaire et mon père enseignant et entraîneur, la bibliothèque des enfants est l’endroit idéal pour honorer leur carrière et permettre à tout le monde de la voir.
NFL ou NBA?
Dans la presse, le débat fait rage. Des sondages sont lancés auprès des lecteurs, chacun y va de son avis. Charlie Ward doit-il choisir la NBA ou la NFL ? Dans les deux ligues, il est assuré d’être drafté. The Orlando Sentinel pousse l’enquête plus loin en demandant à son entraîneur au basket Pat Kennedy d’écrire une chronique spéciale pour plaider la cause de Charlie en NBA, et à l’entraîneur adjoint au football Mark Richt d’écrire quant à lui sur les raisons pour lesquelles il devrait passer pro au football.
Son entraîneur principal au football, Bobby Bowden, reconnaît que choisir la NBA n’est pas une mauvaise option : financièrement tout d’abord, mais également pour sa longévité, le football en NFL étant à l’évidence, beaucoup plus violent qu’en NCAA, et Ward, avec ses 186cm et 82kgs reste un « petit » gabarit pour la NFL. Encouragé également par bon nombre d’entraîneurs adverses qu’il a pu affronter en basket, à faire carrière en NBA (Dean Smith ou Jim Valvano pour ne citer qu’eux), Ward hésite clairement, et compte faire les camps d’entraînements pré-draft dans les deux sports, c’est aux équipes de décider si elles veulent me recruter. Je choisirai la meilleure opportunité après les deux sélections, dira t-il confiant avant la draft 1994.
Pour compliquer la chose, il réussira et impressionnera lors des deux camps. Son absence de choix clair pose problème aux yeux des General Manager de NFL, car la draft du football se déroule avant celle du basket, à deux mois d’intervalle (fin avril et fin juin). Ils ne veulent pas prendre le risque de le prendre dans les premiers tours si c’est pour qu’il file jouer au basket derrière, perdant ainsi un choix de draft.
Nous devons savoir ce qu’il en sera. Il a eu tout le loisir d’explorer la question et il doit prendre sa décision avant que les équipes ne procèdent à la draft, dit Ron Wolfe, le GM des Green Bay Packers. Deux équipes se positionnent officieusement sur le jeune quarterback : les Oilers de Houston (franchise qui disparaitra en 1996) et les Falcons d’Atlanta, mais pas avant le troisième tour. Financièrement, Ward pourrait obtenir 260 000 dollars la saison, tandis qu’un contrat NBA en fin de premier tour ou début du deuxième (là où Charlie était attendu) pouvait lui donner 750 000 dollars l’année. Une troisième option existe encore : les Blue Bombers de Winnipeg, qui détenaient les droits de Charlie en LCF (la ligue pro canadienne) compte faire une grosse offre, alors que la saison s’étend de juillet à novembre, laissant à Charlie la possibilité de pratiquer les deux sports au niveau professionnel.
Mais le soir de la draft NFL 1994, le nom de Ward n’apparaîtra jamais. Le trophée Heisman 1993, quarterback de l’équipe championne NCAA, n’est pas sélectionné. Raison principale : son indécision.
Pour Dennis Green, coach des Minnesota Vikings de 1992 à 2001 :
S’il avait dit que le football était ce qu’il voulait faire, il aurait été drafté dans les deux premiers tours. J’aurais choisi Charlie s’il s’était décidé à la dernière minute. J’aimais sa mobilité et ses qualités athlétiques. Ce qui l’a tué, c’est son incapacité à prendre une décision.
Pour Charlie, aucune déception, il savait que son incertitude aurait des conséquences.
La draft NBA 1994 n’est pas une draft de meneur, à l’exception de Jason Kidd, faisant de Ward un potentiel meneur remplaçant pour pas mal d’équipes : Magic, Nuggets, Knicks, Hawks, Spurs et Bulls l’essayeront à leurs camps d’entraînements respectifs.
Résultat : Charlie Ward est drafté en numéro 26 par les New York Knicks ! Devant lui, en meneur et outre J-Kidd, on trouve Khalid Reeves en douzième position (cinq saisons dans la ligue) et B.J Tyler en vingtième (une seule saison).
Il est fascinant de noter que cette même année 1994, Charlie a été également drafté par les Yankees de New York, en MLB, au 18e tour, alors qu’il n’avait pas joué au baseball depuis l’université ! Les Milwaukee Brewers l’avaient drafté un an auparavant, au 59e tour en 1993.
Des débuts compliqués à New York
Ward débarque donc à l’été 1994, dans une équipe de New York finaliste malheureuse face aux Rockets quelques semaines plus tôt, dans une finale perdue en 7 manches (après avoir mené 3-2) et en pleine affaire O.J Simpson. Ces Knicks, coachés par Pat Riley, et composés de joueurs vétérans (Ewing 32 ans, Derek Harper 33, Oakley 31, Herb Williams 36) et de joueurs confirmés (Starks 29, Mason 28, Charles Smith 29), sont revanchards, et peu enclins à intégrer la bleusaille, Ward et Monty Williams, l’autre rookie, en provenance de Notre Dame. Riley est dur et n’est pas contre un petit peu de bizutage de la part des anciens, impensable aujourd’hui.
Jeff Van Gundy, assistant coach à l’époque se souvient :
Une fois les vétérans alignés, les recrues étaient censées passer en courant et les vétérans pouvaient les frapper avec leurs avant-bras et d’autres choses. Monty est passé en premier. Il se faisait frapper comme une balle de ping-pong. Je me sentais mal pour lui. Maintenant, je regarde Charlie et son 1m86cm et 82kg, et je me demande s’il va réussir à passer. Mais il a fait ce truc avec les genoux en l’air et il a fait preuve d’un équilibre incroyable. Les gars le frappaient, mais il ne l’a même pas senti. Il a couru jusqu’au bout et son expression faciale n’a jamais changé. Les joueurs l’ont tout de suite respecté. Il avait un physique de footballeur que l’on ne pouvait pas nier.
En NFL, on ne perd pas de l’œil l’ancien quarterback. Les Kansas City Chiefs lui proposent un contrat pour être le back-up d’un Joe Montana sur la fin, âgé de 38 ans. Ward décline.
Ernie Grunfeld, vice-président du club et GM, le prévient : il faudra être patient avant d’avoir du temps de jeu. Dans la hiérarchie des meneurs, Harper est titulaire, et Greg Anthony, en l’absence pour blessure de Doc Rivers (transféré en décembre aux Spurs), remplaçant. Alors, Ward s’entraîne, dur. Van Gundy à la mission de le post-former durant ces quatre mois d’intersaison, car Ward est malgré son statut de rookie, dans le projet de reconstruction à venir des Knicks. On lui offre même fin septembre 1994 un contrat de 4,6 millions de dollars pour les cinq prochaines saisons. Ward a convaincu.
Malgré tout, sa saison rookie se résumera à dix petits matchs joués. Pas de playoffs. Ses coéquipiers, après une solide saison régulière (55-27), se feront sortir en sept manches par les Pacers en demi-finale de conférence. Exit Pat Riley, qui rejoint à la surprise générale le Heat pour la saison 95-96. L’effectif, lui, reste quasiment identique. Mais avec l’arrivée de Don Nelson sur le banc, Ward gagne des minutes. Fin octobre, il devient le meneur remplaçant de Derek Harper. Les Knicks, vieillissant, démarrent bien, mais une fracture avec Nelson s’installe : il veut jouer vite, marquer plus de 100 points par matchs, et aimerait envoyer Ewing à Orlando contre le Shaq. Le vestiaire d’anciens se range derrière Big Pat. Ils veulent de l’iso, ne pas tirer avant les 24 secondes, et envoyer des tampons à qui mieux mieux. Don Nelson est viré en mars 1996, malgré un bilan de 34-25.
Jeff Van Gundy avec son protégé. Crédit : Getty Images
L’ère Van Gundy
C’est l’assistant Jeff Van Gundy qui prend les commandes. Une bénédiction pour Ward, qui passait une heure en spécifique avec JVG avant l’entraînement collectif. Après avoir connu le rôle d’assistant au club depuis 1989, Van Gundy termine la saison en cours difficilement (13 victoires en 23 matchs), sweep’ le Miami de Riley au premier tour (pas la première, ni la dernière fois !), mais se fait rouler dessus par les intouchables Bulls ’96 en demi-finale de conférence (1-4). Première campagne de playoffs pour Ward, avec une douzaine de minutes en moyenne.
En 1996-97, il confirme et joue plus de 20 minutes par matchs. En concurrence avec Chris Childs, il sera même 21 fois titulaire. En playoffs, après voir sweepé les Hornets, place à une série disputée face au Heat, qui donnera lieu à une bagarre générale mémorable, débouchant sur la suspension de Ward, Ewing, Allan Houston et Larry Johnson pour un match côté Knicks, et de deux matchs pour le seul P.J. Brown pour Miami. Ewing et les siens se sentent volés : ils sont éliminés en sept manches par le rival.
La saison 1997-98 est capitale à titre individuel pour Ward, qui devient à 27 ans le meneur titulaire incontesté des Knicks, reléguant au rôle de back-up Childs. Il confirmera son statut de solide shooteur à 3 pts avec un 38% de réussite sur l’année, l’amenant à participer au concours de tir à 3 pts du All-Star Game (gagné par Jeff Hornacek). Collectivement, la saison est moyenne (43-29), et malgré la revanche prise sur le Heat au premier tour des playoff (3-2), la demi-finale de conférence face aux Pacers sera d’un très faible niveau (perdue en 5 manches), avec des Ewing et Oakley faisant leur âge (35 et 34 ans).
Meneur titulaire en finales NBA
En janvier 1999 (équivalent de l’intersaison d’été du fait du lock-out amputant la saison de 32 matchs), vent de renouveau à New York. Si Ewing et ses pépins physiques sont toujours là, exit les figures tutélaires Oakley, Starks ou le flop Chris Mills, mais bonjour Latrell Sprewell,Kurt Thomas et Marcus Camby. De la finale 94, ne reste plus que Big Pat.
Avec l’intersaison plus que prolongée (de juillet 98 à janvier 99 !), Ward en profite pour se faire opérer du genou. Arrivant à la fin de son contrat de quatre ans, il se retrouve agent libre. Si Toronto, Detroit, Orlando et Portland lui font des propositions, Ward, titulaire d’une solide équipe à l’Est, préfère resigner à New York. 30 millions sur cinq ans. Jackpot.
La saison régulière sera chaotique, avec en point d’orgue une défaite honteuse face aux piètres Bulls post-Jordan, 63-76. Une partie de l’effectif se moque ostensiblement de ses résultats indignes , et joue lorsqu’elle a envie de jouer. Pour les Sprewell, Camby, Rick Brunson ou Dennis Scott, l’attitude carrée et disciplinée d’un Ward, soucieux du licenciement probable de JFG, est d’un autre temps. Dernier qualifié pour les playoffs, les Knicks retrouveront, encore et toujours, le Heat.
Boostés par ce qui est du propre aveu des joueurs était de la haine entre les deux franchises, les Knicks sortent le Heat 3-2, avant de sweeper cette pauvre équipe des Hawks en demi-finale. La métamorphose est saisissante entre la (courte) saison régulière et ces playoffs. Ward est toujours titulaire mais partage pas mal de minutes avec Chris Childs. En finale de conférence face aux Pacers, le miracle perdure, série gagnée 4-2, malgré la blessure lors du deuxième matchs de Ewing.
Les Knicks en souffrance lors de la finale 1999. Crédit : Reuters
Pour la finale face aux Spurs, fin de la récréation. Dans la raquette, un Tim Duncansophomore jouant 46 minutes de moyennes (!) sur les cinq matchs, et un David Robinson de 33 ans encore bon pied bon œil. De l’autre, Chris Dudley, Marcus Camby et Larry Johnson, 10 à 15 cm de moins que ses adversaires, un dos en compote, un genou en vrac, et un 29% aux tirs sur la finale. Le Popovich de 1999 est loin du beautiful game de 2014, et pragmatique, va faire jouer un maximum ses Spurs in the paint. Malgré un Sprewell se démenant comme un beau diable, New York, sans être ridicule, ne fait pas le poids, 4-1 pour San Antonio. Ward fera une finale correcte, prenant même souvent le dessus sur son adversaire direct, le vieillissant Avery Johnson.
Dans la continuité des playoffs précédent, la saison 1999-2000 est très correcte à New York. Régulière à 50 victoires, et finale de conférence une nouvelle fois à la clef, perdue cette fois face à Indiana. Ward profitera du match 4 de la demi-finale de conférence face aux rivaux de Miami pour réaliser sa meilleur performance en playoffs : 20 points à 62% aux tirs, 7 rebonds, 4 passes et 3 interceptions en seulement 31 minutes pour une victoire 91-83, sous les Charlie ! Charlie ! du Madison Square Garden en fusion :
Acclamations méritées selon Allan Houston :
Entendre la foule derrière lui a été extraordinaire. Nous sommes tous très heureux, car nous savons ce que Charlie représente pour nous. Il se donne tellement pour l’équipe, non seulement sur le terrain, mais aussi en dehors.
La saison 2000-01, sans Ewing, évoluant désormais aux Sonics, sera la dernière belle saison des Knicks sauce Van Gundy, et également la dernière de Ward meneur titulaire. En février, New York signe le meneur vétéran et ancien knick Mark Jackson en provenance de Toronto, reléguant pour la fin de saison Ward remplaçant, pour la première fois depuis quatre ans. Mais si la saison régulière est réussie avec 48 victoires, les playoffs se soldent par une défaite au premier tour 2-3 face aux Raptors, ce qui n’était plus arrivé aux Knicks depuis 1991.
2001-02 marquera le licenciement de Van Gundy, remplacé par Don Chaney qui ne fera guère mieux, et pour la première fois depuis 1987, les Knicks rateront les playoffs. Ward sort toujours du banc, son temps de jeu passe à 17 minutes par matchs.
L’année suivante sera sa dernière saison pleine à New York. Mark Jackson transféré, Ward retrouve du temps de jeu sous Don Chaney, en alternance avec l’ancien Jazz Howard Eisley.
Une fin de carrière discrète
En janvier 2004, Isiah Thomas, fraîchement embauché en tant que président des opérations basket, décide d’un transfert digne d’un but contre camp, plombant pour des années la masse salariale de la franchise, en faisant venir Stephon Marbury et la grand-mère de Penny Hardaway, en provenance de Phoenix, contre Ward, Eisley et ce pauvre Antonio McDyess. Coupé de suite par les Suns, Ward signe aux Spurs de Popovich, champion en titre, où il retrouve son ancien coéquipier et ami, Monty Williams. Il tourne en rotation sur le poste de Tony Parker. Pas de back-to-back pour ces Spurs 2004, battus par les Lakers en demi-finale de conférence.
En 2004 avec les Spurs, Ward retrouve son numéro 17 de la fac. Crédit : Jamie Squire / Getty Images
Agent libre, Ward décide de faire une dernière pige en NBA, à 34 ans, à Houston, où il retrouve cette fois Jeff Van Gundy, en poste depuis 2003 chez ces Rockets de Tracy McGrady et Yao Ming. Il y retrouve son ancien coéquipier à FSU, Bob Sura. Van Gundy décide d’en faire son meneur titulaire, mais au bout de 14 matchs, il se blesse au genou, une blessure synonyme de fin de carrière. De joueur. Car immédiatement, JVG lui propose d’intégrer le staff, ce qu’il fera pendant deux ans. Si un poste en tant que coach principal lui était quasiment assuré en NBA, Ward en décidera autrement. Il préférera une vie plus proche de sa famille, et prendra en charge l’équipe de basket du lycée de sa ville. Il deviendra même par la suite entraîneur d’une équipe de football, toujours chez les catégories de jeunes.
Van Gundy ne sera pas avare de louange envers son meneur lors de l’annonce de sa retraite :
Je le dis tout le temps : Nous ne verrons plus jamais un athlète comme Charlie. Gagnant du trophée Heisman en tant que quarterback. Il remporte un championnat national à l’université. Il débute comme meneur de jeu lors des finales de la NBA. Longue carrière en NBA. Drafté deux fois au baseball. Je ne pense toujours pas que les gens comprennent bien ce que ce type a fait. Et maintenant, transmettre toutes ces connaissances et cette expérience à des lycéens ? C’est parfait.
Pour ceux qui veulent aller plus loin, je recommande la lecture du livre de Jon Finkel, dont j’ai extrait la plupart des citations dans cet article.
Laisser un commentaire