La couverture du livre, paru en 2019

Terry Pluto est un journaliste américain basé à Cleveland, qui a écrit une trentaine d’ouvrages liés au sport dans sa ville. Sur le football américain bien sûr (Browns Town 1964: The Cleveland Browns and the 1964 Championship / Things I’ve Learned From Watching The Browns / When All the World Was Browns Town pour en citer trois), mais aussi pas mal sur le baseball (The Curse of Rocky Colavito / Dealing: The Cleveland Indians’ New Ballgame / Burying the Curse: How the Indians Became the Best Team in Baseball, entre autre).

Mais son violon d’Ingres, c’est le basketball. Nommé à deux reprises pour le prix Pulitzer, c’est avec « Loose Balls » (consacré à la A.B.A.) qu’il connait un succès plus large.

Loose Balls, livre de 1990 essentiellement composé de témoignages d’acteurs de la A.B.A. (George Mikan, Julius Erving, Rick Barry, Dan Issel, Slick Leonard etc..)

Avec Vintage Cavs, Terry Pluto offre un regard personnel sur les 24 premières années des Cavaliers, une équipe qu’il a vu grandir. En fil rouge, il explore les deux salles qui ont précédé l’actuel Rocket Arena : la Cleveland Arena (1970-1974) et le Richfield Coliseum (1974-1994). Deux enceintes où il a d’abord été simple supporter avant de devenir journaliste.

Austin Carr en 1973, première vedette des Cavaliers (1971-1980). He could have been a Hall of Famer dixit Terry Pluto. Crédit : Manny Rubio pour USA TODAY

De Austin Carr à Mark Price, en passant par World B. Free, Ted Stepien, Hot Rod Williams et Lenny Wilkens, Pluto retrace ces années avec nostalgie et avec des anecdotes inédites.

Notamment celle où il raconte comment Bill Fitch, le tout premier entraîneur de Cleveland (jusqu’en 1979), s’aidait des collections de trading cards pour la draft d’expansion de 70 : They had stats and other basic information on the back.

Ou bien celle qui raconte comment la franchise a opté pour le nom de « Cavaliers », sondant la population via la presse locale. Sur près de 11 000 propositions, cinq seront retenues par le fondateur de la franchise, Nick Mileti : The Jays, The Towers, The Presidents, The Foresters et donc The Cavaliers. Le vote final a eu lieu également par voie de presse (Pluto se rappelle avoir envoyé son vote pour The Towers au journal The Plain Dealer).

World B. Free (1982-1986) en 1985, who arrived via helicopter to save a boring, failing franchise whith his sense of humor and 3-point shot. Pluto milite pour que son numéro 21 soit retiré. Crédit :  Focus on Sport/Getty Images

Plusieurs chapitres sortent du lot, notamment celui sur la saison 1975-76 qualifiée de The Miracle of Richfield, qui raconte comment cette année est devenue charnière pour la franchise, pour leur premier playoffs dans un Coliseum survolté, emmené par une équipe d’oubliés (Jim Chones, Campy Russell, Jim Cleamons, Bingo Smith, Jim Brewer, Austin Carr, Dick Snyder ainsi que par le natif d’Akron Nate Thurmond), Cleveland sortant le vice-champion en titre Washington et défiant au tour suivant Boston, futur champion.

Le chapitre sur le président dingo Ted Stepien (1980-1983), considéré à l’époque comme le plus mauvais dirigeant du sport américain dans son ensemble, vaut le détour. Beaucoup de dingueries, même si au final le bilan est plus triste qu’autre chose, Stepien ayant quasiment ruiné la franchise, heureusement sauvée par Gordon Gund dont le portrait est bien plus positif dans le livre.

Triplette de All-Star à Cleveland en 1993 : Daugherty, Price et Nance. Crédit : Upper Deck 1992-93

Un autre chapitre marquant est consacré à sa période favorite : l’ère de Mark Price, Brad Daugherty, Larry Nance et Hot Rod Williams, la dernière génération à avoir joué au Coliseum. Une équipe talentueuse, accessible et proche des fans, mais trop souvent freinée par des blessures au pire moment, évidemment en playoffs.

Can you still love a team that doesn’t win a title? A team that never even reached the NBA Finals ? Why not ? Sports should not simply be winner take it all, at least when it comes to the hearts of the fans and the players. This was the late 1980s and early 1990s. Players didn’t have entourages. They made big money for the time, but nothing like today.

Un peu plus de 200 pages chez un petit éditeur de sa ville, Gray & Company Publishers, agrémentées d’une trentaine de photos d’époque (noir et blanc). Un savant mélange de souvenirs personnels, de faits et anecdotes méconnus, bien cadrés dans une histoire bien suivie chronologiquement pour une compréhension facilitée. Il ne sera probablement jamais traduit en français vu le sujet de niche, mais si vous vous débrouillez en anglais et que vous aimez l’histoire (ou êtes fans des Cavs), je recommande vivement.

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