Dans la lignée des précédents articles sur le livret Panini de la saison 1990-91, puis celui sur la saison 1994-95, on enchaîne cette fois avec la mouture 1991-92 !

Couverture du livret, 89 cents à l’époque, l’équivalent de 2 dollars de 2025. L’inflation, all over again. Une édition bien moins chère que la précédente qui était à 6 dollars l’album. Pas de MJ sur la couverture, symbole d’un album 91-92 vraiment cheap.

Une saison 91-92 qui s’avèrera être passionnante : back-to-back des Bulls face à Portland après une régulière de haut vol (67 victoires), dernière saison de Larry Bird, annonce de la séropositivité de Magic, Pat Riley sur le banc des Knicks qui emmène les Bulls sur un match 7 en demi-finale de conférence, la saison folle de Rodman au rebond (1530 au total, soit près de 19 en moyenne par match!), l’explosion de Dražen Petrović chez des Nets prometteurs entraînés par Chuck Daly, l’excellente saison de Cleveland avec le duo Price / Daugherty au sommet de leur forme… Vous connaissez tout ça par cœur.

Ce que vous ne connaissez probablement pas en revanche, c’est le raté de cette édition Panini 91-92.

Cet album n’était toujours pas distribué en France, comme celui de l’année précédente. Un cru mi-figue mi-raisin, visuellement moins réussi, avec des vignettes réduites d’au moins 10 % par rapport à l’édition antérieure.

Panini met pourtant en avant une nouveauté sur la couverture : Now with stats on stickers. Pas l’idée du siècle. Auparavant, les stats étaient intégrées au livret, ne gâchant pas le visuel du sticker. Et surtout, cette ligne statistique était en lecture horizontale.

Cette fois, les chiffres sont non seulement intégrés à la vignette, mais placés sur le côté, de manière totalement contre-intuitive, surtout compte tenu de la petitesse extrême des vignettes. Une innovation qui nuit à la lisibilité comme à l’esthétique.

Toujours six joueurs par équipes, et des effectifs rarement à jour, l’album ayant été édité juste après la fin des finales 91, soit bien avant que les transferts de l’intersaison s’opèrent. Contrairement aux deux autres albums, je vais présenter un peu moins d’équipes, l’échec visuel est tel qu’il est difficile de s’attacher à cette édition. Mais si vous souhaitez la photo d’une équipe en particulier, faites moi signe, je vous enverrais tout ça.

L’album commence par un petit résumé des finales passées
L’indispensable bilan de la saison passée
La double-page centrale est consacrée au All-Star Game de l’année d’avant, victoire 116-114 de l’Est avec 17 points et 22 rebonds de Charles Barkley, MVP de la rencontre.
Ici une page « 1st Team » mais qui ne correspond pas tout à fait à celle élue l’année passée (David Robinson y était à la place de Patrick Ewing). Les stickers ont une taille ridicule et un découpage enfantin !
Seul transfert notable, intervenu quelques mois plus tard, en janvier : l’échange de meneur entre Brian Shaw et Sherman Douglas (Heat)

Pour les Celtics, ce sera la dernière saison à plus de 50 victoires (51 en l’occurrence) avant 2008 ! Ce sera surtout la toute dernière saison de Larry Bird, handicapé par des douleurs au dos depuis deux ans, qui ne jouera que 45 matchs.

Un Larry Legend toujours aussi précieux puisque le bilan des Celtics sans lui est de 30-29 sur ces deux saisons, et de 71-28 avec lui, bien que fortement diminué et âgé de 34-35 ans (ressenti 49).

Un Bird All-Star (il ne pourra honorer sa sélection, blessé) qui signera un mémorable triple-double : 49 points, 14 rebonds, 12 passes (et 4 interceptions) lors d’une victoire contre Portland en double prolongation.

Absent lors du premier tour des playoffs, il verra ses coéquipiers sweeper Indiana, emmenés par un super John Bagley. Boston sera finalement éliminé en demi-finale par Cleveland, en sept manches, avec un Brad Daugherty impérial sur le match décisif.

Il faudra attendre dix ans pour voir Boston remporter de nouveau une série de playoffs.

Pour l’arrière Reggie Lewis, cette saison est couronnée par sa seule et unique sélection au All-Star Game : le malheureux décèdera d’une crise cardiaque à l’été 1993, lui qui était promis à un rôle de leader des Celtics pour la décennie 90.

Le rookie de UNC Rick Fox sera une bonne rotation de Bird et Kevin Gamble et termine All-Rookie 2nd Team.

Rex Chapman sera échangé en cours d’année aux Bullets, contre Tom Hammonds. Mike Gminski ratera plus de la moitié de la saison sur blessure. Le cinq de départ sera donc : Muggsy, Kendall Gill, Larry Johnson, Kenny Gattison et Johnny Newman, avec Dell Curry en sixième homme.

Quatrième saison d’existence pour les Hornets et son nouvel entraîneur Allan Bristow, pas de playoffs mais un bilan en progression avec 31 victoires.

Explosion du rookie Larry Johnson, la star d’UNLV, numéro un de la draft 91, et d’entrée le meilleur joueur de l’équipe, bien que Kendall Gill en soit le meilleur marqueur. Un an avant l’arrivée de Zo Mourning, LJ est la toute première vedette de la franchise, et participe même au concours de dunk du ASG. Big Mamma est le rookie le plus spectaculaire depuis MJ, Muggsy Bogues est un phénomène auprès des gamins, le combo logo + esthétique des maillots dénote. L’enthousiasme autour des Hornets est total : pour la troisième fois en quatre ans, le Charlotte Coliseum enregistre le meilleur taux de remplissage en NBA lors des matchs à domicile.

Fait d’arme de cette saison : une victoire de 52 points contre les ternes Sixers de Charles Barkley, 136-84. Meilleur match de la courte carrière d’Anthony Frederick (147 matchs en NBA), avec 20 points et 10 rebonds en 29 minutes. L’ailier écumera les ligues mineures puis l’Europe, et fera même un passage éclair en France à la fin des années 90 (à Antibes et Évreux). Frederick connaitra une mort prématurée en 2003, crise cardiaque fatale à seulement 38 ans.

Un effectif sponsorisé par Prozac. 15 victoires, pire bilan de la saison 91-92. Tyrone Corbin est échangé fin novembre à Utah contre Thurl Bailey

Pooh Richardson, Doug West, Tony Campbell (ou Gerald Glass), Sam Mitchell et Felton Spencer forment le cinq majeur. Que des seconds couteaux. Le tout avec un nouvel entraîneur, Jimmy Bouclettes Rodgers, ancien assistant des Celtics durant la décennie 80 et qui prend la suite de Bill Musselman. Pour sa troisième saison d’existence, Minnesota sera dans le dur toute la saison, avec un vilain 8-38 au All-Star Break, après une première année à 22 victoires puis une deuxième encourageante à 29, la troisième s’arrêtera à 15 rencontres gagnées seulement.

Seul fait notable de cette saison 91-92 : Minnesota tape par deux fois Boston (les deux fois sans Bird, blessé).

Un tanking en règle, pire saison de l’histoire de la franchise à ce jour, à égalité avec la saison 2009-10.

C’est l’année rookie de Luc Longley, pivot remplaçant de Felton Spencer et Randy Breuer. Choisi en septième position de la draft 1991, il représentait le pari (perdu) des Timberwolves (plus gros salaire de l’équipe !). Premier Australien à jouer en NBA, il passera deux saisons et demie à Minnesota avant de trouver le succès qu’on lui connait à Chicago.

Cette cuvée 91, d’ailleurs, n’était pas particulièrement riche en pivots : Mutombo avait déjà été sélectionné en quatrième position, et derrière Longley, on retrouve surtout des noms comme Brian Williams (futur Bison Dele), Rich King, Victor Alexander ou Stanley Roberts.

La recrue principale, Antoine Carr (en provenance des Kings), n’apparait pas sur la page. Vinnie Johnson sera signé en décembre. Une saison marquée par les blessures pour les Spurs.

Un effectif de prétendants au titre, mais sweepé au premier tour des playoffs. Un début de saison médiocre (21-17) qui coutera son poste à Larry Brown, qui retrouvera de suite un banc aux Clippers. C’est le GM Bob Bass qui fera l’intérim pour un bilan légèrement supérieur (26-18).

Mais San Antonio sera miné toute la saison par les blessures. Chez les titulaires seuls Antoine Carr et Sean Elliott seront épargnés. Le backcourt Rod StricklandWillie Anderson manque 25 matchs, et Paul Pressey ne dispute que 56 rencontres. Mais le couac majeur concerne le leader de l’équipe :

David Robinson est élu meilleur défenseur de l’année (4,5 contres et 2,3 interceptions dans la quatrième défense de la ligue), troisième au vote MVP et bien évidemment All-Star. Mais il se pète le pouce en mars après 68 matchs de régulière, et rate donc les playoffs. Face aux Suns de Kevin Johnson et Jeff Hornacek, les Spurs, cinquième bilan à l’Ouest, se font sortir en trois manches par le quatrième, malgré un bon Terry Cummings.

Exit Mahorn et Rickey Green. Le cinq majeur de la saison sera Johnny DawkinsHersey HawkinsCharles BarkleyArmon Gilliam et Charles Shackelford

35 victoires. Pas de playoffs à Philadelphie, coaché par Jim Lynam depuis cinq ans et qui sera débarqué en fin de saison. Le gros raté est probablement l’échec de la prolongation de Rick Mahorn lors de l’intersaison, solide intérieur titulaire depuis deux saisons aux Sixers, qui choisira d’aller faire une pige à la Virtus de Rome pour cette année. Le duo Barkley / Mahorn avait peut-être l’un des meilleurs nickname de la ligue, Bump and Thump.

Sir Charles qui aura la délicatesse de changer son numéro #34 en #32 en honneur de Magic Johnson, contraint de prendre sa retraite à cause du sida (le #32 était retiré aux Sixers, numéro de Billy Cunningham, mais la franchise fit une exception pour quelques mois).

Barkley, 28 ans, est le seul All-Star de l’équipe, élu dans la deuxième meilleur équipe de la saison.

L’album se termine avec une page consacrée aux huit des dix débutants All-Rookie Team de la petite draft 90, auteurs d’une saison prometteuse sur la saison passée. Qui se souvient de Travis Mays sans déconner ? Manque à cette page les deux all-rookie Chris Jackson (Abdul-Rauf) et Willie Burton.

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